Moulin Jean-Paul Beausoleil

O.B.V.Z.B.

Réseau de Surveillance Volontaire des Lacs (RSVL)


Le réseau de surveillance volontaire des lacs a été instauré par le MDDEP en 2004. En 2011, 656 lacs sont inscrits.

Il permet aux participants (généralement des riverains sous formes d’associations de lacs), de s'impliquer concrètement dans la protection de leur plan d'eau.

Ils peuvent alors effectuer eux-mêmes les actions nécessaires pour évaluer l'état de leur lac et pour en suivre l'évolution dans le temps, tout en profitant de l'expertise du Ministère et de l'encadrement qu'il leur offre.

Objectifs

Le RSVL poursuit 4 principaux objectifs :


  • Acquérir des connaissances et des données sur le lac afin d’établir l’état trophique d’un grand nombre de lacs au Québec et suivre leur évolution dans le temps,
  • Dépister les lacs montrant des signes de dégradation et d’eutrophisation,
  • Éduquer, sensibiliser, informer les associations de riverains et les autres participants,
  • Dresser un tableau général de la situation des lacs de villégiature au Québec.

  • Le RSVL est basé sur un partage de responsabilité entre l’équipe du RSVL au Ministère qui coordonne et encadre le réseau, soutient les riverains, interprète les données et communique les résultats, etc., et l’association de lac qui prélève les échantillons et effectue des mesures et observations sur le lac selon les protocoles fournis par le MDDEP.



    Les activités de suivi

    Suivi de la qualité de l’eau

    Le suivi de la qualité de l’eau comprend 2 protocoles :


    1- Une mesure de la transparence de l’eau, une fois aux deux semaines entre le 1er juin et l’Action de grâce. Pour cela un disque de Secchi est utilisé. Ce protocole doit être réalisé chaque année.

    La transparence est la propriété qu’a l’eau de transmettre la lumière. Plus une eau est transparente, plus le disque de Secchi est visible à une grande profondeur.

    La transparence de l’eau dépend de la quantité de matières dans l’eau (dissoutes ou particulaires). Ainsi, plus il y aura de matières en suspension dans l’eau, plus l’eau sera colorée, et la transparence faible.

    Une diminution de la transparence de l’eau peut être le signe d’une augmentation de la productivité.


    2- Un échantillonnage de l’eau, pour mesurer en laboratoire le phosphore, le carbone organique dissous et la chlorophylle a. Toutes les analyses d’eau sont effectuées par le laboratoire du Ministère, soit le Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ). L’échantillonnage et les analyses doivent être réalisés pendant deux ou trois années consécutives à raison de trois prélèvements par été, soit en juin, juillet et août. La reprise des prélèvements d’eau est prévue après une pause de quatre années suivant la dernière année d’échantillonnage.

    L’échantillonnage de la qualité de l’eau et les mesures de la transparence sont réalisés à une station qui est généralement située dans la zone la plus profonde du lac, ce qu’on appelle la fosse. S’il s’agit d’un très grand lac, plus d’une station sera peut-être nécessaire.


    Les paramètres mesurés

    Dans le cadre du RSVL, 3 paramètres sont analysés : le Phosphore total, la chlorophylle a, et le carbone organique dissous.

    1- Le phosphore total est un élément nutritif essentiel à l’existence et au développement des organismes vivants. Il permet d’ailleurs la croissance des algues et des plantes aquatiques.

    Lorsque les algues et plantes meurent, elles se décomposent et libèrent le Phosphore, qu’elles avaient absorbé.

    Ainsi, plus il y’ a d’apports externes en Phosphore dans le lac, plus les plantes et algues aquatiques se développent et sont nombreuses. Et quand elles meurent, une grande quantité de phosphore est libérée.

    La quantité de phosphore libérée est donc témoin de l’eutrophisation des lacs.

    2- La chlorophylle a est le pigment que l’on retrouve le plus abondamment chez les organismes capables de photosynthèse.

    La mesure des concentrations en chlorophylle a est donc témoin indirecte de la quantité d’algues (biomasse phytoplanctonique) qui se trouve dans le lac.

    3- Le carbone organique dissous est principalement composé de substances humiques (composantes du bois) et de matériaux végétaux et animaux partiellement dégradés.

    Le Carbone organique dissous (COD) donne une indication de la coloration de l’eau. Une eau très colorée (comme du thé) a une transparence plus faible qu’une eau incolore sans que cela indique nécessairement une forte productivité.

    Suivi de la bande riveraine et du littoral

    Plusieurs autres protocoles s’intègrent dans le suivi de la bande riveraine et du littoral. Parmi lesquels :

            Une caractérisation de l’aménagement et de l’occupation de la bande riveraine

    La caractérisation de la bande riveraine vise deux objectifs :

    1- Décrire et localiser l’utilisation du sol ainsi que les types d’aménagements autour du lac

    2- Estimer leur importance pour l’ensemble du lac. L’exercice permet ainsi d’évaluer la qualité des aménagements dans la bande riveraine et le degré de transformation du milieu naturel. Les résultats peuvent ainsi orienter, au besoin, les mesures de correction et de protection de la bande riveraine. Cette caractérisation est réalisée en effectuant un inventaire de l’utilisation du sol et des aménagements dans la bande riveraine autour du lac.



            Une caractérisation des plantes aquatiques dans le littoral

    Les plantes aquatiques et les algues sont naturellement présentes dans les milieux aquatiques. Parmi celles-ci, on retrouve des plantes submergées, qui évoluent sous l’eau telles que les renoncules, ainsi que des plantes à feuilles flottantes, telles que les nénuphars (Fleurbec, 1987).

    L’activité photosynthétique de ces végétaux implique une consommation de gaz carbonique ainsi qu’une production d’oxygène et de matière organique essentiels à la vie des lacs et des cours d’eau. Elles jouent un rôle primordial de filtre en retenant les particules en suspension et en absorbant les éléments dissous. Les plantes aquatiques constituent par ailleurs un habitat naturel pour la faune en lui offrant abris, nourriture et sites de reproductions. Véritables brise-lames, elles préviennent l’érosion des rives.

    Bien entendu, lorsque les plantes aquatiques sont présentes en trop grand nombre, elles peuvent nuire aux activités récréatives du lac et diminuer la qualité esthétique du milieu. Une croissance excessive de plantes aquatiques ou une diminution de la diversité des espèces peut être symptomatique de la détérioration de l’écosystème. Il est ainsi souhaitable de limiter les apports en nutriments afin d’éviter une prolifération de plantes aquatiques.

    Leur développement excessif dans un plan d’eau est souvent le résultat d’un déséquilibre entre certains paramètres environnementaux, physiques, biologiques et/ou chimiques. Il peut s’agir de conséquences naturelles inhérentes à l’évolution du milieu ou encore de conséquences directement liées aux activités humaines (aménagements anthropiques et déboisement des rives, utilisation d’engrais, rejets d’eaux usées, circulation nautique, etc.).

    L’abondance de plantes aquatiques est souvent proportionnelle aux quantités de nutriments (azote et phosphore) présents dans l’environnement. Or, plusieurs activités humaines génèrent d’importantes quantités de nutriments qui s’écoulent vers les plans d’eau et qui favorisent la prolifération de plantes aquatiques. En particulier, les engrais employés par les agriculteurs ou par les riverains, ainsi que les fuites de réseaux d’égout et les installations septiques individuelles déficientes constituent des sources importantes d’apport de nutriments vers les plans d’eau. Ce développement peut également résulter de l’implantation d’espèces nouvelles ou exotiques présentant.

    Il est alors important d’effectuer régulièrement le suivi des communautés de plantes aquatiques afin de détecter des tendances et des variations interannuelles, ce qui permettra de bien documenter leur évolution.

    La prolifération des macrophytes peut avoir diverses répercussions sur l’environnement et les usages réalisés dans le plan d’eau. Premièrement, l’apparition d’un couvert dense de plantes peut limiter ou gêner les activités nautiques telles que la baignade. Ensuite, un tel couvert tend à ralentir le courant et à capter les sédiments, s’ensuit un envasement du substrat qui rebute les baigneurs et contribue à l’eutrophisation du lac

            Une caractérisation du substrat dans le littoral

    Le substrat est le matériel qui recouvre le fond de tout plan d’eau. Il peut être constitué de matériel d’origine minérale ou organique et possède des caractéristiques de tailles variables.

    Les types de substrats présents dans un lac fournissent des informations sur l’état de ce dernier. La présence de vase, par exemple, indique une déposition de matière organique à décomposition lente, ce qui est souvent considéré comme un signe d’eutrophisation (l’accumulation progressive de matières organiques dans le lac finira par le combler). De plus, les types de sédiments peuvent affecter l’état de santé du lac. Les sédiments fins (sable ou vase) enrichis de nutriments, constituent un bon support pour la croissance des plantes aquatiques. Par contre, les sédiments grossiers tels que les blocs n’offrent pas ou très peu de prise pour les racines des plantes. Le comblement d’un lac par une grande quantité de sédiments fins peut également rendre ce dernier plus vulnérable au réchauffement (puisqu’il sera moins profond) et, par conséquent, à l’eutrophisation. En effet, le réchauffement de l’eau favorise, entre autres, le développement d’algues et de plantes aquatiques ou la mortalité d’espèces de poissons intolérantes aux eaux trop chaudes. Enfin, un ensablement ou un envasement peut colmater les frayères, ce qui a pour effet d’entraîner la mortalité des œufs (Goupil, 1998).

    L’inventaire du substrat des lacs vise donc à mieux connaitre les types de sédiments caractérisant la zone littorale de ces derniers et de les mettre en relation avec certaines problématiques qui pourraient exister.

            Une caractérisation du périphyton dans le littoral

    Le périphyton désigne les algues microscopiques vivant à la surface des objets submergés (roches, branches, piliers de quai, etc.). La présence et l’abondance du périphyton augmentent avec l’enrichissement du lac par les matières nutritives. Ainsi plus le périphyton est présent et en quantité importante, plus le lac est enrichi en matières nutritives et sujet à l’eutrophisation.


    Suivi visuel d’une fleur d’eau d’algues bleu-vert

    Le protocole de suivi visuel peut être utilisé dans différents contextes notamment à la suite du signalement d’une fleur d’eau d’algues bleu-vert au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Il peut s’appliquer à tout le plan d’eau ou à des secteurs particuliers pour lesquels les usages peuvent être influencés par la présence d'une fleur d'eau (usages sensibles).

    Le suivi visuel vise deux objectifs :

    1- Localiser le ou les endroits du plan d’eau qui sont touchés par une fleur d’eau d’algues bleu-vert et suivre son évolution dans le temps et l’espace

    2- Caractériser les endroits touchés en décrivant la fleur d’eau et en la classant en fonction de deux catégories d’intensité.

    L’exercice permet ainsi de déterminer les zones du plan d’eau où la fleur d’eau apparaît de façon plus intense, de suivre son évolution et d’aviser le MDDEP s’il y a une augmentation significative de l’intensité ou de l’étendue de la fleur d’eau.


    Références :

    CBJC. 2010. Évaluation de l’état de santé du lac Bonhomme – été 2009. 18 pages et 1 annexe.

    FLEURBEC, 1987. Plantes sauvages des lacs, rivières et tourbières. Groupe Fleurbec. Saint- Augustin, Québec. 400 pages.

    GOUPIL, J-Y., 1998. Protection des rives, du littoral et des plaines inondables : guide des bonnes pratiques. Publications du Québec.

    MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DES PARCS et CONSEIL RÉGIONAL DE L’ENVIRONNEMENT DES LAURENTIDES, 2005a. Protocole de caractérisation du substrat de la zone littorale – Version expérimentale. Québec, Canada.

    MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DES PARCS, 2006. Le Réseau de surveillance volontaire des lacs de villégiature.

    MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DES PARCS. Réseau de surveillance volontaire des lacs.