Moulin Jean-Paul Beausoleil

O.B.V.Z.B.

Bandes-riveraines


La bande riveraine, ou rive est une bande de végétation naturelle et permanente qui borde un plan d’eau ou un cours d’eau. Elle constitue une zone de transition entre le milieu aquatique et terrestre.
Pour être fonctionnelle, elle doit être constituée d’une ceinture de végétation composée d’herbacées, d’arbres et d’arbustes indigènes.

Rôle des bandes riveraines
Les bandes riveraines peuvent remplir plusieurs fonctions importantes que nous regroupons en deux classes, soit la prévention ou la réduction de la contamination de l’eau (fonction d'assainissement) et la protection des habitats aquatiques et riverains (fonction écologique). Celles-ci permettent entre autres :

  • La rétention des sédiments liée à la réduction de la vitesse d’écoulement des eaux de ruissellement et infiltration de l’eau dans le sol.
  • L’absorption des nutriments par les végétaux de la bande riveraine.
  • La réduction des pesticides et filtration des polluants se retrouvant dans les cours d’eau grâce à la sédimentation des particules de sol auxquelles les pesticides sont liés. 


  • Les bandes riveraines éliminent ou retiennent les polluants des eaux de ruissellement avant que ceux-ci n’atteignent nos lacs et cours d’eau :

      % de rétention
    Sédiments 66-97
    Azote 35-96
    Phosphore 27-97
    Pesticides 8-100
    Colibacilles fécaux 70-74

    Source : Canards Illimités


  • La stabilisation des berges par le développement racinaire des végétaux dans la bande riveraine. La végétation de la bande riveraine est un rempart contre l’érosion qui permet de réduire l’érosion des berges engendrée à la fois par l’eau de ruissellement, le vent et le battement des vagues.
     
  • La protection de la biodiversité en préservant les milieux aquatiques et fauniques ; offrant des habitats et de la nourriture pour la faune, qui permet l’augmentation de la diversité animale et végétale ? Elle permet à de nombreuses espèces d’assurer leurs besoins vitaux tels que l’alimentation, la reproduction, le repos... ; (oiseaux, mammifères, amphibiens, insectes aquatiques et poissons).
     
  • L’ombre produite par la végétation riveraine protège contre les chauds rayons du soleil et favorise le maintien d’une eau fraîche. À l’inverse, une rive dégradée contribuera à accroître la température de l’eau, favorisant ainsi une prolifération excessive des plantes aquatiques et le déclin des espèces de poissons les plus sensibles.
     
  • L’oxygénation de l’eau en protégeant le cours d’eau des effets du soleil et de la contamination par les nutriments.  
     


  • Les bandes riveraines représentent aussi un rempart contre l’érosion des sols et des rives, un régulateur du cycle hydrologique et des débits lors de fortes pluies, un filtre contre la pollution de l’eau et un brise-vent naturel. Elles jouent également un rôle important dans la protection de la qualité esthétique du paysage.

    La bande riveraine assure de nombreuses fonctions qui en font un milieu indispensable à la protection de nos lacs et nos cours d’eau : 

    La réglementation

    La Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables fut adoptée par le gouvernement du Québec en 1987, révisée en 2005, dans le but de protéger l’intégrité des milieux lacustres. La Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables établit la largeur minimale de la bande riveraine devant être préservée : celle-ci doit s’étendre sur au moins 10 à 15 m (selon la pente) vers l’intérieur des terres, à partir de la ligne des hautes eaux.

    Ses objectifs :

  • Assurer la pérennité des plans d'eau et des cours d'eau, maintenir et améliorer leur qualité en accordant une protection minimale adéquate aux rives, au littoral et aux plaines inondables ;
     
  • Prévenir la dégradation et l'érosion des rives, du littoral et des plaines inondables en favorisant la conservation de leur caractère naturel ;
     
  • Assurer la conservation, la qualité et la diversité biologique du milieu en limitant les interventions pouvant permettre l'accessibilité et la mise en valeur des rives, du littoral et des plaines inondables ;
     
  • Protéger la flore et la faune typique de la plaine inondable en tenant compte des caractéristiques biologiques de ces milieux et y assurer l'écoulement naturel des eaux ;
     
  • Promouvoir la restauration des milieux riverains dégradés en privilégiant l'usage de techniques les plus naturelles possible.


  • La rive devra avoir un minimum de 10 mètres lorsque :

  • la pente est inférieure à 30 % ou lorsque la pente est supérieure à 30 % et présente un talus de moins de 5 mètres de hauteur.


  • La rive devra avoir un minimum de 15 mètres lorsque :

  • la pente est continue et supérieure à 30 % ou ; lorsque la pente est supérieure à 30 % et présente un talus de plus de 5 mètres de hauteur.




  • Cette politique donne un cadre normatif minimal ; elle n'exclut pas la possibilité pour les différentes autorités gouvernementales et municipales concernées, dans le cadre de leurs compétences respectives, d'adopter des mesures de protection supplémentaires pour répondre à des situations particulières.

    Ainsi, les MRC doivent intégrer les principes de la politique de protection des rives du littoral et des plaines inondables dans leur Schéma d’aménagement et de développement (SAD), et les municipalités dans leurs règlements d’urbanisme.

    En milieu agricole, le Règlement sur les exploitations agricoles (REA) oblige tout producteur à laisser une bande de protection riveraine d’au moins un mètre sur le bord des fossés et une bande d’au moins trois mètres le long des cours d’eau. Cette bande riveraine se calcule à partir de la ligne des hautes eaux (LHE) vers l’intérieur du champ. Il doit y avoir au moins un mètre au-dessus du talus, même si la distance minimale est déjà atteinte. Il ne doit y avoir aucun travail du sol, ni application d’engrais ou de pesticides dans l’espace occupé par la bande riveraine.

    Travaux permis sur la rive

    Dans la bande riveraine de même que dans le lit d'un lac ou d'un cours d'eau, tous les travaux construction et ouvrages susceptibles de porter le sol à nu sont interdits. Vous devez avoir un permis de votre municipalité pour tous travaux riverains.

    Accès à l’eau

    Une seule ouverture par lot d'une largeur maximale 5 mètres donnant accès au plan d'eau peut être aménagée. Le sol doit être stabilisé par des plantes herbacées immédiatement après la coupe des arbres et des arbustes. Si la pente est supérieure à 30 % l'ouverture devra se limiter à un sentier ou un escalier donnant accès au plan d'eau

    Un seul quai est autorisé par terrain et celui-ci doit être localisé vis-à-vis l'accès aménagé du plan d'eau. Il doit être construit sur pilotis ou fabriqué d'une plate-forme flottante. Les quais sur encoffrements sont interdits.

    Un quai ne doit pas avoir une largeur supérieure à 2 mètres ni excéder une superficie de 20 mètres carrés. Le quai peut prendre la forme d'un (T) ou d'un (L) de façon à ce qu'il se termine à l'extrémité (vers le plan d'eau) par une plate-forme parallèle à la rive.

    Aménagement de la bande riveraine

    Il y a deux manières de vous créer une bande riveraine. Le plus simple est de laisser aller la nature en cessant de tondre la partie de votre terrain qui longe un lac ou un cours d’eau (consultez votre municipalité pour connaître les distances à respecter).

    Cette action plutôt passive appelée renaturalisation a l’avantage d’attribuer à la nature le soin de choisir les végétaux de la future bande riveraine. De cette façon, les espèces qui s’implanteront seront bien adaptées aux conditions du milieu que l’on retrouve chez vous.

    En cessant de tondre le gazon, la nature reprendra peu à peu le dessus et les espèces les mieux adaptées au milieu viendront s’installer. Les arbustes repousseront après 2 ou 3 ans.

    L’autre méthode est la revégétalisation de la rive. Contrairement à la renaturalisation, il faut mettre la main à la pâte et planter herbes, arbustes et arbres natifs du Québec.

    Le succès d’un bon aménagement riverain dépend du choix des espèces, qui doit se faire en fonction des caractéristiques du sol de la zone à restaurer (pente, types de sol, humidité du sol, rusticité, positionnement dans le talus, etc.), des conditions auxquelles ces espèces peuvent être soumises (inondations prolongées, glaces, sels, etc.), et de l’aspect visuel recherché à long terme et des autres effets attendus de la bande riveraine.

    Pour établir un plan d’aménagement en vue d’une revégétalisation, il faut établir un diagnostic approprié du site en question, en considérant différents éléments :

  • La délimitation de la ligne des hautes eaux (voir la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables) ;
     
  • La nature du sol (composition, granulométrie, profondeur, humidité, acidité, etc.) ; sa rusticité ;
  • La pente du terrain ;
     
  • L’exposition au soleil (soleil, ombre, mi-ombre) ;
     
  • L’orientation des vents dominants ;
     
  • La vulnérabilité aux vagues, aux courants ou aux glaces ;
     
  • La présence d’un mur de soutènement ou d’un ouvrage de stabilisation mécanique ;
     
  • La localisation des foyers d’érosion.


  • Le choix des végétaux

    Il faut sélectionner les plantes qui conviennent au site, en respectant notamment la rusticité, la localisation dans les talus (bas, milieu et replat du talus), le type de sol, l’ensoleillement, etc., et préférer des plantes indigènes au milieu.

    La réalisation d’une plantation hâtive, au printemps une fois la crue terminée, est préférable et augmente les chances de réussite, et ce, même s’il est possible d’obtenir de bons résultats tout au cours de l’été, notamment avec les plants en pot. Les plants profitent ainsi d’une longue période de croissance avant le premier hiver.

    Les aménagements suggérés selon le type de sol

    Sol sablonneux

    Pour un sol sablonneux, plusieurs espèces sont conseillées :
    Le genévrier commun, le myrique baumier, la potentille frutescente, la spirée tomenteuse, l’aulne crispé, l’aronie noire, le cornouiller stolonifère, le physocarpe, le saule arbustif, la spirée à larges feuilles, l’aulne rugeux, le prunier noir, l’érable argenté, le bouleau jaune, le chêne à gros fruits, le pin gris, pin rouge, le peuplier faux tremble, etc.

    Sol argileux

    Plusieurs espèces peuvent aussi s’adapter à un sol argileux, parmi lesquelles :
    Le prunier noir, l’érable argenté, le bouleau jaune, le chêne à gros fruits, le pin gris, pin rouge, le peuplier faux tremble adaptés aux bandes riveraines.

    Sol rocailleux
    Sur sol rocailleux, muret et enrochements, plusieurs espèces sont résistantes et peuvent se développer ; parmi elles :
    Le genévrier horizontal, la vigne des rivages, le dierville chèvrefeuille, l’aronie noire, le bouleau glanduleux, le sumac aromatique, le sureau du canada, le lilas vulgaire, le thuya occidental, le peuplier faux-tremble, le peuplier baumier, etc.

    En terrain humide à très humide, soit dans les premiers mètres de la bande riveraine, on conseillera de l’iris versicolore, du myrique baumier, du saule arbustif.
    En terrain semi-sec à humide, on orientera le choix des espèces vers le myrique baumier encore une fois et le rosier rugueux.
    En terrain semi-sec à sec, on conseillera du rosier rugueux, mais aussi de la spirée à larges feuilles, et de la vigne vierge (Parthénocisse à cinq folioles).

    Pour en savoir plus, le « Rappel » ; Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des cours d’eau de l’Estrie et du haut bassin de la rivière Saint-François a rédigé un document qui présente la liste des végétaux recommandés pour la renaturalisation des rives, selon le type de végétation que vous désirez planter, soit pour les espèces herbacées recommandées, les espèces arbustives recommandées ainsi que les espèces arborescentes, selon le type de sol, le degré d’ensoleillement, la rusticité du sol, etc.

    Reboisement des berges
    L’organisme depuis le début de son existence en 2005 a déjà planté 70,000 arbres en comptant les 10,000 du printemps dernier. Ces résineux et ces feuillus sont  offerts gracieusement  par le ROBVQ dans le cadre de l’opération bleu vert, Une subvention de 20,000 dollars de Quebecor, Videotron (facturation en ligne), obtenue le printemps dernier, a aussi permis à l’organisme de planter des arbustes vraiment adaptés aux bandes riveraines.

    Ces arbres et arbustes ont été plantés en milieu lacustre, et agricole à l’aide d’une équipe de bénévoles, avec pour coordonnateur, Jean-Pierre Gagnon, et les associations de protection du lac Mondor et Berthier ont également planté 13 500 arbustes en bandes riveraines pour se conformer à la politique de protection des rives du littoral et des plaines inondables en vu de protéger nos plans d’eau.

    Le ROBVQ , regroupement des organismes de bassins versants du Québec a réalisé une fiche qui compile un ensemble d'information sur les bandes riveraines, leurs rôles etc...
    Vous pouvez consulter cette  fiche ici

    Références :

    www.mddep.gouv.qc.ca/eau/rives/vegetalisation-bande-riveraine.pdf
    www.mddep.gouv.qc.ca/eau/rives/depliant_fihoq.pdf
    www.mddep.gouv.qc.ca/eau/rives/index.htm