Moulin Jean-Paul Beausoleil

O.B.V.Z.B.

La problématique des lacs au Québec




Qu’est ce que les cyanobactéries ?

Les cyanobactéries sont aussi appelées cyanophycées ou algues bleu vert. Elles sont microscopiques et présentent à la fois certaines caractéristiques des bactéries (telle l'absence de membrane dans leur cellule) et des algues (telle la photosynthèse).
Ces végétaux aquatiques primitifs vivent naturellement dans nos plans d’eau. Ces organismes sont, contrairement aux plantes aquatiques, dépourvus de véritables feuilles, tiges et racines. La majorité des algues n’ont pas de corps et glissent entre les doigts lorsqu’on tente de les prendre. Les fleurs d’eau peuvent prendre différentes colorations (bleu-vert, vert-olive, violet, rouge) et différentes formes (colorant, peinture, écume, mousse).

ATTENTION !
Beaucoup de gens confondent les cyanobactéries (ou algues bleu-vert), avec les algues ou encore les plantes aquatiques. Dans les écosystèmes d’eau douce, il existe trois grandes catégories d’algues : les algues vertes, les algues diatomées et les cyanobactéries.



Comment les reconnaitre ?

Les fleurs d’eau (blooms) de cyanobactéries résultent de la prolifération excessive de leur communauté. En général, les fleurs d’eau sont visibles de la surface du milieu aquatique affecté. Leur apparence diffère selon les conditions environnementales et les espèces de cyanobactéries. Ces fleurs d'eau peuvent ressembler notamment à une soupe au brocoli, à une purée de pois ou à un déversement de peinture (écume). Ces fleurs d’eau sont rarement rougeâtres, mais souvent vertes ou turquoise.



Pourquoi elles prolifèrent ?

Les cyanobactéries sont microscopiques (invisibles à l’œil nu). Cependant, lorsqu’elles sont trop nourries, elles se multiplient et s’agglomèrent au point de former des masses macroscopiques (visibles à l’œil nu) que l’on appelle fleurs d’eau, bloom d’algues et les efflorescences.

De façon naturelle, les cyanobactéries sont présentes dans les milieux aquatiques, mais elles deviennent problématiques lorsqu’elles sont trop nombreuses. C’est-à-dire, principalement lorsque nos activités humaines apportent vers nos plans d’eau un surplus de phosphore. De plus, le réchauffement des eaux occasionné, entre autres, par l’artificialisation des rives contribue à la prolifération des cyanobactéries ainsi que les eaux stagnantes.
Principales sources de phosphore qui font proliférer les cyanobactéries :

  • Engrais domestiques (pour pelouses, plate-bandes, etc.) ;
  • Engrais agricoles (engrais chimiques, lisiers, etc.) ;
  • Eaux usées (domestiques, municipales) ;
  • Détergents, lessives et savons ;
  • Coupes forestières abusives (sols mis à nu) ;
  • Érosion des rives ;
  • Rejets de sites d’enfouissement ;
  • Rejets industriels.               


  • Pourquoi a-t-il des blooms seulement certaines années ?
    Il y a toujours des algues dans l’eau, mais elles ne forment des blooms que lors des étés où les nutriments sont trop abondants et que les eaux sont suffisamment chaudes.
    Les cyanobactéries possèdent des caractéristiques qui leur permettent de se reproduire plus rapidement que les algues. Par exemple, certaines espèces de cyanobactéries utilisent, en plus de l’azote dissous dans l’eau, l’azote de l’air, ce qui leur donne un avantage sur les algues qui ne peuvent utiliser que l’azote disponible dans l’eau.
    D’autres possèdent des poches de gaz leur permettant d’ajuster leur flottabilité afin de se déplacer aux profondeurs où la lumière et les éléments nutritifs sont abondants. De plus, les cyanobactéries utilisent la lumière du soleil d’une manière plus efficace que la plupart des algues.

    Comment limiter leur propagation ?

    Puisque les cyanobactéries ont besoin du phosphore et de l’azote pour croître, l’apport de ces nutriments (et particulièrement du phosphore) dans le lac se doit d’être restreint.
    Ces nutriments proviennent principalement de l’utilisation d’engrais ou de compost, du transport de sédiments dans l’eau de ruissellement, d’activités forestières ou piscicoles et/ou de rejets d’eaux usées provenant des secteurs résidentiel, municipal, agricole et industriel. En ayant une bande de végétation qui ceinture le lac et les ruisseaux, des nutriments et des polluants sont ainsi filtrés. Il faut également s’assurer d’avoir une installation sanitaire conforme et que la vidange soit faite régulièrement.

    Quoi faire lorsqu’on pense en avoir vu ?

    Si votre lac présente des symptômes de bloom de cyanobactéries, il importe de communiquer avec le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) de votre région.
    Le MDDEP est responsable du Plan d'intervention sur la gestion des fleurs d'eau de cyanobactéries au Québec. Sur le terrain, les actions du MDDEP relèvent des directions régionales. Celles-ci agissent en étroite collaboration avec les directions de santé publique.
    Une fleur d’eau de cyanobactéries peut présenter des risques pour la santé des baigneurs et des autres usagers du milieu aquatique. Par conséquent, si vous suspectez la présence d’une fleur d’eau (S’aider du guide du MDDEP), nous vous invitons à rapporter cette situation sans délai à votre direction régionale du MDDEP à l’aide du formulaire « Constat visuel de la présence d’une fleur d'eau de cyanobactéries ».
    Des photos du phénomène seraient utiles. Si vous pouvez en prendre, ayez soin d’inclure à la prise de vue au moins un objet servant de point de repère comme un crayon, une rame ou un arbre sur la rive. De tels repères aideraient le MDDEP à mieux évaluer l’ampleur du phénomène et ses caractéristiques. Des renseignements accompagnant chacune des photos seraient aussi souhaitables (date, heure, nom du photographe, endroit précis, etc.)

    Le MDDEP s’occupera alors de confirmer la présence de fleurs d’eau dans les milieux aquatiques concernés, d’y prélever des échantillons et de les analyser. S’il y a lieu, les DSP (Direction de la santé publique) émettent des avis de santé publique. Ces avis visent à sensibiliser la population sur les usages de l’eau à éviter, lorsqu’il y a des fleurs d’eau, et sur les risques pour la santé associés aux cyanobactéries et à leurs toxines.
    Lorsque la présence d’une fleur d’eau de cyanobactéries a été confirmée dans votre lac, la Direction de santé publique vous conseillera de prendre les précautions suivantes :

  • Évitez tout contact direct avec l’eau du lac (douche, sports nautiques, etc.).
  • Évitez de consommer des poissons ou autres organismes aquatiques.
  • Évitez de cuisiner et de vous abreuver avec l’eau du lac. Faire bouillir l’eau ou utiliser de l’algicide n’élimine pas les toxines.
  • Évitez que les animaux domestiques entrent en contact avec l’eau du lac.


  • Les DSP lèvent ces avis lorsque l’état du milieu aquatique est redevenu sécuritaire pour les usagers. (Blais, 2006). »

    Sont-elles dangereuses ?
    Contrairement aux algues, plusieurs espèces de cyanobactéries emmagasinent dans leurs cellules des poisons naturels appelés cyanotoxines. Ces toxines sont libérées dans l’eau lors de la rupture ou de la mort de la cellule. Le contact ou l’ingestion d’une eau contaminée par trop de cyanobactéries ou de cyanotoxines peut occasionner des problèmes de santé.

    Si les cyanobactéries et les toxines qu’elles produisent (cyanotoxines) sont présentes en trop grande quantité, alors les cyanobactéries peuvent devenir un danger. Les usages sensibles concernent surtout ceux qui entraînent un contact direct avec les eaux affectées (baignade, planche à voile, enfant qui s’amuse sur le bord de l’eau, etc.). Des sources servant d’approvisionnement en eau potable peuvent aussi être touchées. Un traitement adéquat doit alors être appliqué.
    Il existe trois catégories de toxines produites par les cyanobactéries, chacune pouvant avoir des effets variables sur la santé :

  • Les dermatotoxines peuvent causer des irritations et créer des problèmes d’allergies. En contact avec la peau, ces toxines peuvent provoquer des sensations de brûlures ainsi que des démangeaisons rougeâtres et boursouflées.
  • Les hépatotoxines favoriseraient l’apparition de troubles chroniques du foie et du tube digestif.
  • Les neurotoxines affectent le fonctionnement du système nerveux. En stimulant constamment les muscles, elles peuvent provoquer des crampes, une grande fatigue et même une paralysie.


  • Références :

    https://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/cyanobacteries/index.htm

    BLAIS, S., 2006. Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries. Comment les distinguer des végétaux observés dans nos lacs et nos rivières,Direction du suivi de l’état de l’environnement,Ministère du Développement durable, del’Environnement et des Parcs.52p.Disponible en ligne : https://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/cyanobacteries/guide-identif.pdf