Moulin Jean-Paul Beausoleil

O.B.V.Z.B.

Espèces envahissantes


Les espèces envahissantes exotiques

Une problématique qui touche les lacs est l’introduction d’espèces envahissantes. Au Québec, plusieurs organismes envahissants ont déjà été introduits dans des lacs et des cours d’eau. Ces espèces prolifèrent rapidement et finissent par dominer l’écosystème. Leur présence peut générer d’importants changements dans la structure des communautés aquatiques. Ces espèces envahissantes peuvent être des plantes aquatiques (ex. : myriophylle à épi, châtaigne d’eau, élodée du Canada), des moules (ex. : moules zébrées ou quagga) ou des poissons (ex. : gobie à taches noires, tanche).
Il est important de prévenir l’introduction de ces espèces, puisqu’une fois introduites, leur élimination devient difficile, voire impossible.

C’est quoi ?

Les espèces aquatiques envahissantes sont des espèces étrangères dont l'introduction à l'extérieur de leur territoire normal causera probablement (ou ont déjà causé) des dommages à l'écosystème qu'ils ont envahi, aux espèces qui y vivent, à l'économie ou à notre bien-être.

L’introduction de ces espèces peut se faire de manière accidentelle ou intentionnelle, par les activités humaines.

Les espèces envahissantes prospèrent en l'absence de leurs prédateurs naturels et peuvent modifier l'habitat jusqu'au point de le rendre inhospitalier pour les espèces indigènes.

Il est difficile ou même impossible de contrôler ou d’éliminer une espèce aquatique envahissante. Seule la prévention permet d’éviter la propagation des espèces envahissantes. L’un des meilleurs moyens est le nettoyage de votre embarcation lorsque vous la changez de plan d’eau.

D’où ça vient ?

La majorité des plantes exotiques envahissantes ont été introduites au Québec entre le 17e siècle et le début du 20e siècle. La plupart proviennent d'Europe, mais quelques-unes proviennent aussi d'Asie ou d'Afrique. Ces plantes ont été importées à des fins horticoles, agricoles, médicinales alimentaires au accidentellement par les eaux de ballasts des navires.


Les plantes aquatiques exotiques envahissantes


Le Myriophylle à épi (Myriophyllum spicatum)

Le myriophylle à épi est une plante submergée qui croît dans certains plans d’eau du Québec. Cette plante envahissante est souvent problématique dans les lacs et cours d’eau où elle nuit parfois aux espèces indigènes et à certains usages (ex. : baignade).
Il peut pousser dans des zones ayant une profondeur de 0,5 à 10 mètres, mais il s’établit généralement à des profondeurs se situant entre 0,5 et 3,5 mètres.
Une fois la surface de l'eau atteinte par les plants de myriophylles à épis ceux-ci se ramifient abondamment et forment des touffes pouvant atteindre 300 tiges par mètre carré.

Comment l’identifier ?

L’espèce se distingue d’un myriophylle indigène, appelé myriophylle blanchissant (Myriophyllum sibiricum), par le nombre de segments de chaque côté de la feuille qui a l’apparence d’une plume. Le myriophylle à épi possède plus de 12 segments alors que le myriophylle indigène en possède moins de 11 (voir ci-dessous). De plus, les feuilles du myriophylle à épi sont souvent tronquées à leur partie supérieure.

À gauche, une feuille de myriophylle à épi envahissant, à droite une feuille de myriophylle indigène (ou myriophylle blanchissant).

Les vecteurs de sa propagation

Plusieurs vecteurs sont responsables de sa propagation :

  • Les plaisanciers (bateaux, chaloupes, canots, kayaks, motos marines, etc.) sont un mode important de propagation de cette plante. Le transport d’un bateau d’un plan d’eau à un autre présente un important risque de contamination par le myriophylle à épis,
  • Les hydravions,
  • Les pêcheurs et les chasseurs (bateaux, équipements de pêche et de chasse, sceaux d’appâts, etc.),
  • Le marché de l’aquariophilie et de l’horticulture (jardins d’eau),
  • Les oiseaux aquatiques (ex. : canards).


  • Les impacts du myriophylle à épi

    Impacts sur les paramètres physico-chimiques

    Une tige de myriophylles a la capacité de concentrer l’azote et le phosphore. L’ajout de ces substances nutritives favorise la croissance des plants et risque de compromettre le fragile équilibre des écosystèmes.

    Cette plante a le potentiel de relâcher plus de phosphore dans l’écosystème lacustre que des sources individuelles tels les égouts pluviaux, les sources industrielles et les fertilisants.

    Le myriophylle amène également l’augmentation du pH qui peut atteindre des mesures de l’ordre de 10 à 10,5 ce qui affecte l’écosystème aquatique entier. On notera de plus une augmentation de la température de l’eau et une diminution de l’oxygène dissous, ce qui crée un habitat pauvre pour les poissons et les autres espèces animales et végétales.

    Cette plante se crée par conséquent un habitat favorable à la croissance d’une nouvelle population la saison suivante, pour continuer sa progression dans la zone littorale du lac.

    Impacts sur les paramètres biologiques

    L’impact principal est la perte de biodiversité. La nourriture et l’habitat des insectes, poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères sont sérieusement modifiés par la présence du myriophylle en zone littorale d’un lac. Certaines espèces de poissons peuvent disparaître d’un plant d’eau par l’asphyxie des individus lors de la décomposition hivernale de la plante, qui cause une désoxygénation partielle de la colonne d’eau. D’autres espèces piscicoles peuvent être mises en danger par la détérioration des sites de fraie puisqu’un fond rocailleux peut être complètement recouvert de matières organiques en présence de la plante.

    Impacts sur les activités récréatives

    La présence du myriophylle interfère avec la navigation (à voile et à moteur), la pêche (en faisant disparaître des espèces prisées, en leur fournissant des cachettes ou en retenant les hameçons), les sports aquatiques tels le ski nautique et la baignade (les skis ou les jambes des nageurs peuvent s’emmêler dans les tiges de la plante). Il peut bloquer les prises d’eau et entraîner des problèmes de goût et d’odeur dans les réserves d’eau potable. Une perte de valeur à la revente des habitations riveraines de l’ordre de 20 à 30 % peut également survenir en raison de la diminution de l’attrait visuel des lacs.


    L’élodée du canada (Elodea Canadensis)

    L’élodée du Canada est une plante aquatique submergée commune dans nos régions. Cette plante mesure généralement moins d’un mètre et croît en colonies souvent très denses et étendues. Elle possède de nombreuses petites feuilles vert foncé ainsi que de minuscules fleurs blanchâtres qui flottent à la surface de l’eau au bout d’une longue queue.

    L'élodée du Canada est une plante vivace très envahissante. Même si elle s'élève parfois vers la surface de l'eau, elle pousse plutôt à l'horizontale et forme un tapis dense couvrant le fond de l'eau.

    Elle devient donc très gênante. Sa tige et ses feuilles sont totalement submergées. Des racines se développent sur la tige et le stolon (tige qui court sur le sol comme pour le fraisier) ce qui permet à la plante de se fixer au fond de l'eau.
    Elle tolère différents degrés d’eutrophisation. L’élodée du Canada, généralement considérée moyennement limitante, possède un potentiel d’envahissement élevé, étant donné qu’elle peut se multiplier par drageonnement et par bouturage (Fleurbec, 1987).
    Elle est aussi appelée peste des eaux. Elle est couramment utilisée comme plante d’aquarium.
    Cette espèce a une très forte capacité de reproduction végétative. Le moindre fragment peut reprendre facilement.

    La prévention reste, comme toujours, le meilleur moyen d'éviter une contamination de nouveaux milieux par cette plante. Cette plante ne devrait ainsi pas être utilisée en aquariophilie.
    La vidange des aquariums et des étangs contenant cette plante ne doit impérativement pas se faire directement dans un cours d'eau ou un lac.
    L’élodée du Canada semble actuellement reculer face à l’élodée de Nuttall.

    Les deux espèces peuvent proliférer dans les milieux aquatiques, menaçant la flore indigène et portant préjudice à l’exploitation et l’utilisation des ressources aquatiques.
    L'élodée de Nuttall (Elodea nuttallii) appartient à la liste des organismes exotiques envahissants interdits selon l'Ordonnance sur la dissémination dans l'environnement (ODE, RS 814.911).
    Les fleurs de E. nuttallii sont violet clair et légèrement plus petites (3-5mm) que les fleurs blanchâtres à lilas de E. canadensis (5mm).

    Techniques de lutte :

    Les élodées ne sont pas consommées par les oiseaux ni par les poissons, elles peuvent donc se répandre rapidement. Elles menacent la flore indigène et forment des peuplements denses et monotones sur de grandes surfaces.
    La lutte contre les plantes aquatiques est et demeure très difficile. Il faut particulièrement faire attention à ce que les mesures ne conduisent pas à une dissémination additionnelle.

    Une fois apparue, la lutte mécanique est un bon moyen de contrôle. L'élimination mécanique doit avoir lieu en été, entre fin juin et fin août, car en hiver les hibernacles flottants sont difficiles à éliminer. Une élimination complète des élodées n’est possible qu’à petite échelle, les plantes récoltées doivent être éliminées dans des usines de méthanisation, sinon dans des usines d’incinération des déchets, ou brulées.

    Le contrôle mécanique peut se faire avec des engins de chantier (pelle mécanique équipée d'un godet ou d'une griffe). Le désavantage du contrôle mécanique est qu'il contribue presque obligatoirement à la fragmentation et à la dispersion de la plante. Néanmoins, puisqu'il permet d'évacuer rapidement des quantités importantes de biomasses, il reste nécessaire dans les zones fortement envahies. Il sera suivi d'un arrachage manuel de contrôle, pour enlever les reprises des fragments.

    Pour une intervention en cours d'eau, placer ainsi un filet ou une barrière pour retenir les fragments. Lors de travaux dans un petit lac ou un étang, veiller à fermer l'exutoire ou à y placer un filet.

    La prévention reste encore le meilleur moyen de lutte : à l’achat de plantes pour des aquariums ou des étangs, il faut donner la préférence à des espèces indigènes. Les eaux des aquariums ne doivent pas être vidangées dans les cours d’eau, mais sur un substrat sec et exposé au soleil. Les plantes peuvent également être recueillies au moyen d’un filtre et éliminées avec les déchets à incinérer.

    IL EST À NOTER QUE L’ÉLODÉE DU CANADA EST PRÉSENTE DANS LE LAC MONDOR.


    La châtaigne d’eau (Trapa natans)

    La châtaigne d’eau est originaire des régions tempérées de l’Asie et de l’Europe. Elle a été introduite à des fins ornementales pour les jardins d’eau, à la fin du 19e siècle, dans le nord-est des États-Unis. Ce n’est qu’en 1940 qu’elle est apparue dans la partie sud du lac Champlain. Au Québec, elle a été aperçue pour la première fois en 1998 dans la rivière du Sud, un affluent de la rivière Richelieu. Au Québec l’invasion de la châtaigne d’eau a été spectaculaire à la rivière du Sud.
    (Source : Gildo Lavoie, MENV).

    En quelques années seulement, la châtaigne a recouvert la rivière d’une rive à l’autre sur une dizaine de kilomètres. Les efforts d’éradication du ministère des Ressources naturelles du Québec, de la Faune et des Parcs réalisés en collaboration avec Canards Illimités Canada et le centre d’interprétation du milieu écologique du Haut-Richelieu, depuis 2000, ont réussi à limiter sa propagation et réduit de façon drastique son abondance dans les sites infestés. Cependant, une surveillance et une poursuite des activités d’éradication demeurent nécessaires au cours des prochaines années.

    Lorsqu’elle s’installe, elle forme des colonies extrêmement denses où plus rien d’autre ne peut survivre, sans compter que la digestion de la matière organique qui la compose fait diminuer radicalement les concentrations en oxygène dissous dans l’eau.

    Elle se serait introduite soit par les filets ou les seaux des pêcheurs, soit par les cordages des bateaux. Un bateau ayant été en contact avec une colonie de châtaignes d’eau peut déplacer des fragments de plante qui suffiront à la fondation d’une nouvelle colonie dans un milieu vierge. Elle aurait pu aussi s’échapper des jardins d’eau, car elle a été utilisée comme plante ornementale.

    Impacts de la châtaigne d’eau

    L’épais tapis flottant généré par cette plante envahissante empêche la végétation indigène de proliférer et nuit à la faune locale en créant, à certains moments, un déficit en oxygène dans la colonne d’eau. En perturbant le milieu où elle s’implante, elle occasionne des pertes de diversité biologique. De plus, la châtaigne d’eau rend impraticables plusieurs activités récréatives telles la navigation, la pêche, la chasse, la natation, etc.
    Un plan de châtaigne d’eau possède une quinzaine de rosettes et chaque rosette produit une quinzaine de noix. De toute évidence, sa croissance est exponentielle ! Par ailleurs, les semences peuvent subsister jusqu’à 11 ans au fond de l’eau. Ces caractéristiques, ajoutées à l’absence d’ennemi naturel, font de cette plante une redoutable compétitrice des milieux aquatiques.

    Précaution à prendre pour limiter la propagation

    Les précautions à prendre pour limiter sa propagation sont les mêmes que pour les espèces exotiques envahissantes présentées ci-dessus.
    On peut citer encore quelques conseils tels que :

  • Évitez de transplanter la châtaigne d’eau dans votre jardin d’eau.
  • Choisissez et cultivez plutôt des espèces non envahissantes.
  • Si la châtaigne d’eau est déjà présente dans votre jardin d’eau, détruisez-la ! Assurez-vous de prélever l’ensemble des noix qui ont pu tomber dans le fond de votre jardin aquatique. Ne les jetez pas dans la nature et redoublez de prudence si vous habitez près d’un cours d’eau.
  • Surveillez la zone colonisée au cours des prochains mois et années et répétez les opérations si nécessaire. Il est fort probable que la châtaigne repousse grâce aux graines ou aux fragments de plantes encore présents au fond du jardin d’eau.
  • Évitez de composter ces plantes ; il est préférable d’en disposer de manière définitive (séchage, feu, etc.).
  • Vérifiez et nettoyez la machinerie et les outils après être intervenu dans secteur infesté. De plus, si vous circulez sur et/ou en bordure des plans d’eau, n’oubliez pas de nettoyer canots, bateaux, moteurs, remorques et véhicules tout terrain avant de changer d’endroit.


  • Les espèces animales aquatiques envahissantes

    La moule zébrée (Dreissena polymorpha)

    La moule zébrée est un petit mollusque bivalve d’eau douce. Sa coquille brune est rayée de blanc ou de beige et peut mesurer de 2 à 5 cm à l’âge adulte.
    Originaire d’Europe, elle a été introduite en Amérique du Nord, vers 1986, dans le lac Sainte-Claire en Ontario, dans la région des Grands Lacs.
    Sa présence en Amérique découle probablement du déversement des eaux de ballast d’un navire transatlantique provenant de la mer Caspienne, de la mer Noire ou d’autres eaux contaminées.
    Depuis lors, la moule zébrée s’est multipliée très rapidement ; elle est maintenant présente dans la plupart des voies navigables interconnectées de l’est des États-Unis et elle commence même à faire son apparition plus à l’ouest.

    Problématique des moules zébrées

    Un moyen de propagation efficace

    Chaque moule zébrée femelle peut pondre jusqu’à un million d’oeufs par année, pendant l’été, lorsque la température de l’eau est supérieure à 12 °C. Lors de l’éclosion, les larves sont invisibles à l’oeil nu. Elles flottent librement dans l’eau pendant deux à trois semaines et peuvent ainsi être dispersées sur de grandes distances par les courants, ce qui permet à l’espèce de coloniser rapidement leurs nouveaux milieux. Elles peuvent aussi être transportées par les bateaux et les remorques ainsi que par l’eau qui pourrait transiter d’un plan d’eau à un autre, dans des seaux de poissons-appâts par exemple. Dans les Grands Lacs, les moules zébrées atteignent une densité de 700 000 individus par mètre carré.

    Perturbation de l’écosystème

    Chaque moule filtre jusqu’à un litre d’eau par jour, ce qui réduit la quantité de phytoplancton et de zooplancton disponible pour nourrir les jeunes poissons tels que les « Diporeia ». En privant ces petits organismes de nourriture (phytoplancton), certaines espèces de petits poissons sont en déclin, ce qui interfère dans la chaîne alimentaire puisque de plus gros poissons tels que le grand corégone, le chabot, l’éperlan ou encore le gaspareau dépendent directement des espèces comme le « Diporeia » comme nourriture. Ainsi, la prolifération de la moule zébrée dans certains écosystèmes est responsable de la baisse du nombre et de la condition d’espèces ichtyennes. Ce facteur peut alors avoir un impact futur sur le poisson de pêche sportive tel que le saumon adulte, la truite, et le doré qui se nourrissent de poissons de proies.

    En filtrant l’eau, la moule zébrée augmente la transparence de l’eau, ce qui favorise la croissance de la végétation aquatique, modifiant le milieu pour les autres espèces. Par ailleurs, en filtrant l’eau, les moules ingèrent aussi des contaminants qui se concentrent dans leurs tissus. Les espèces telles que le canard ou le petit fuligule qui se nourrissent maintenant de moules zébrées, ont un niveau élevé de contaminants dans leurs tissus, ce qui peut, influencer alors leur succès de reproduction et/ou de survie.

    Le gobie à tâches noires (poisson envahissant) se nourrit lui aussi de moules zébrées de façon prédominante, ce qui le place, lui aussi comme vecteur de contaminants pour les espèces de poissons carnivores et qui sont pêchées de façon sportive et consommées.

    Les colonies de moules recouvrent parfois les zones de fraye et réduisent le taux de survie des œufs de poissons.

    Dans les lacs où l’intrus s’implante, l’impact sur la vie quotidienne des riverains et des plaisanciers est important. Ces mollusques risquent de bloquer les tuyaux des usines de traitement des eaux municipales, de même que les prises d’eau industrielles et domestiques. Les embarcations de plaisance sont souvent endommagées par ces envahisseurs. Le revêtement de la coque, les pièces mobiles du moteur, le système de refroidissement interne et la pompe à eau sont en effet endommagés par la moule zébrée. De plus, on note à certains endroits envahis par la moule zébrée, des odeurs désagréables dues à la présence des moules, et une dégradation de la qualité du paysage, en plus d’un risque pour les riverains de se blesser en marchant dessus.

    Limiter la propagation

    La limitation de sa propagation, se fait essentiellement par l’inspection des engins navigables qui sont le vecteur principal à sa dispersion, et leur nettoyage s’ils sont infectés.

  • Inspecter votre embarcation et sa remorque ainsi que l’équipement (ancres, dérive, rouleaux, essieux, etc.) et enlever toutes les plantes et les animaux visibles avant de quitter un plan d’eau. Pour les motomarines, il est important d’enlever eau et plantes des conduits de direction et de propulsion.
  • Drainer l’eau des moteurs, des viviers ou des fonds de cale une fois sur terre, avant de quitter un plan d’eau.
  • Laver votre bateau, la remorque et autres équipements nautiques soit avec de l’eau chaude du robinet (plus de 40°C) ou avec un jet d’eau à haute pression (250lb/po2).


  • Le gobie à tâches noires (Neogobius melanostomus)

    Le gobie à taches noires appartient à une famille représentée à l'échelle mondiale par de nombreuses espèces. Originaire de l'Europe de l'Est, il a été introduit dans la rivière Sainte-Claire à la fin des années 1980. On croit que cette espèce est arrivée en Amérique du Nord dans les eaux de ballast des navires, en provenance d'Europe de l'Est.

    Le gobie à taches noires peut atteindre 25 cm (10 pouces) de longueur et peut vivre jusqu'à cinq ans. Les gobies à taches noires vivent près des fonds. Ressemblant à notre chabot indigène, leur robe est habituellement tachetée de brun.

    Leurs nageoires ventrales sont fusionnées pour former une ventouse, qui leur permet de demeurer au fond, lorsque les courants sont forts. Ils sont les seuls poissons à présenter cette caractéristique. Le gobie à taches noires est un poisson très agressif qui se reproduit plusieurs fois par saison.


    Impacts biologiques sur les écosystèmes aquatiques

    La nature agressive du gobie et son aptitude à frayer plusieurs fois chaque saison impactent de façon négative plusieurs poissons indigènes dont le chabot, le dard perche du Nord, le touladi et l’achigan à petite bouche. Il menace la population de poissons indigènes en mangeant leurs œufs et leurs jeunes ; il est aussi reconnu pour attaquer des poissons deux fois plus gros que lui afin de s’accaparer de nouvelles zones de frayage.

    Bien que le doré jaune, ainsi que d'autres prédateurs, se nourrissent de gobies, leur population continue d'augmenter malgré cette prédation. Parce que les adultes gobies se nourrissent principalement de moules zébrées, ayant un niveau de contamination élevé dans leurs tissus, plusieurs ont exprimé l'opinion que les poissons prédateurs seraient exposés à un niveau de contamination élevé, suite à la consommation de gobies. L'apparition spontanée du botulisme de type E (Clostridium botulinum) a été observée comme impact, pour les gobies qui mangent des moules infectées, pouvant même causer leur mort. Cette maladie peut aller plus haut dans la chaîne alimentaire, comme par exemple, lorsque les canards et/ou autres poissons mangent les gobies infectés.

    Prévention et limite de propagation

    Bien que les pêcheurs à la ligne et les conducteurs de bateaux puissent aider à limiter l'invasion des gobies dans les voies navigables intérieures, il n'y a pas de façon connue d'éliminer les gobies d'une grande étendue comme celle des Grands Lacs. L'invasion des moules zébrées produit une grande quantité de nourriture pour les gobies à taches noires, qui vont continuer de prendre de l'expansion dans différents secteurs. La détection rapide des populations isolées peut aider à ralentir ou réduire l'envahissement des gobies à taches noires. Voici ce que vous pouvez faire pour prévenir l'envahissement :

  • Apprendre à identifier le gobie à taches noires et ne pas le rejeter vivant dans l'eau
  • Ne pas utiliser le gobie à taches noires comme appât vivant,
  • Vider votre seau à appât sur terre avant de quitter un plan d'eau,
  • Ne pas jeter les appâts dans le bassin d’eau,
  • Ne pas immerger un seau rempli d’appât dans le lac si le seau contient de l’eau d’un autre bassin d’eau,
  • Ne pas transférer de poissons vivants d’un plan d’eau à un autre
  • Vidanger sur terre l'eau du moteur, du vivier, du fond de la cale et du caisson avant de quitter un plan d'eau.


  • Les espèces végétales envahissantes riveraines

    La majorité des plantes exotiques envahissantes ont été introduites au Québec entre le 17e siècle et le début du 20e siècle. La plupart proviennent d'Europe, mais quelques unes proviennent aussi d'Asie ou d'Afrique. Ces plantes ont été importées á des fins horticoles, agricoles, médicinales alimentaires au accidentellement par les eaux de ballasts des navires.

    Les plantes exotiques empruntent de multiples voies d'entrée et de propagation : transport ferroviaire et maritime, navigation de plaisance et commerciale, véhicule tout terrain, commerce lié á l'alimentation, l'aquariophilie et aux jardins d'eau. Introductions non autorisées, espèces sauvages migratrices, dispersion passive.

    Encore aujourd'hui, l'horticulture demeure un vecteur très important de dissémination de ces plantes. D'abord utilisées pour orner les plates-bandes, les parterres et les jardins, plusieurs plantes exotiques se propagent ensuite dans les milieux naturels et profitent de l'absence de compétiteurs, de prédateurs ou de maladies pour prendre d'assaut des écosystèmes entiers.

    La salicaire pourpre (Lythrum salicaria)

    La salicaire pourpre, introduite de l’Europe au début des années 1800 pour servir de plante ornementale de jardin, a envahi les terres humides partout dans l’est de l’Amérique du Nord, supplantant nombre d’espèces indigènes. Les terres humides sont les milieux les plus riches en biodiversité de notre écosystème.

    Quand cette fleur pourpre étouffe un habitat, cela a des répercussions sur des centaines d’espèces de plantes, d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’insectes, de poissons et d’amphibiens, dont la survie dépend de ces terres humides.

    Trois provinces seulement interdisent la vente de la salicaire pourpre; on peut se la procurer dans les centres de jardinage partout ailleurs au Canada.

    Impacts

  • Elle remplace la végétation native des marais, offre un habitat pauvre pour la faune et altère les cycles hydrologiques et de nutriments :
  • Elle étouffe la végétation indigène et remplace des plantes comestibles (graminées, quenouilles et scirpes) et peut représenter jusqu’à 49 % de la couverture végétale nord-américaine en co-dominance et 61,7-81,7 % en communauté dominante (monoculture).
  • Elle nuit à la reproduction de la faune et détruit les sites de nidifications naturels de la sauvagine en les empêchant de pénétrer dans les marais tellement la densité de la végétation augmente. Fournit des caches aux prédateurs de sauvagine.
  • Elle Assèche les marais en bourrant le sol de son propre matériel résiduel. Les eaux libres deviennent des masses solides de tiges ligneuses. Même la couverture spongieuse et boueuse des terres humides se transforme en un tapis de racines. L’habitat des poissons s’en trouve dégradé. Les habitats des plans d'eau environnants risquent aussi d'être détruits.
  • La productivité des communautés indigènes de plantes et d'animaux est grandement réduite. La perte des habitats naturels causée par cette plante dévastatrice est incommensurable.


  • Le roseau commun (Phragmites australis)


    Plante introduite qui remplace complètement la flore indigène et déloge la faune, car elle ne possède aucune valeur écologique et ne peut pas constituer un habitat intéressant. Après l’envahissement des terres humides, le roseau commun possède des rhizomes très performants et capables d’envahir les milieux secs.

    L’envahissement des marais par le roseau commun est grandement influencé par la dispersion de la plante à l’aide de son réseau de rhizomes. Cette plante forme des colonies, très denses, menaçant sérieusement la sauvagine, la biodiversité et les habitats à haute valeur écologique et faunique, en plus de constituer un élément à indice d’inflammabilité très élevée.

    Le roseau commun est particulièrement abondant dans les canaux de drainage des emprises routières et s’étend à l’intérieur des terres puisque ces canaux sont le plus souvent connectés à d’autres habitats (fossés de drainage agricole, milieux humides ou cours d’eau). La maîtrise de cette plante est quasi impossible.

    La variété exotique du roseau commun aurait été introduite vers la fin des années 1800, mais n’aurait amorcé sa prolifération qu’au cours des années 1960. Historiquement, la situation du roseau commun était peu préoccupante. Dans les 30 dernières années, il a envahit 25 hectares de milieux humides autour du fleuve Saint-Laurent. Aujourd’hui, sa situation est beaucoup plus préoccupante dans plusieurs régions du Québec puisque l’espèce cause de graves impacts environnementaux et que lorsqu’elle est présente, elle domine largement la flore indigène (dans 71 % des cas).

    La renouée du Japon (Polygonum cuspidatum, syn. Fallopia japonica)

    Originaire d'Asie, la renouée du Japon (Polygonum cuspidatum, syn. Fallopia japonica) a été introduite en Amérique du Nord à des fins ornementales au 19e siècle. Cette vivace à croissance rapide atteint 2 à 3 m de hauteur pendant l'été. Ses tiges creuses et noueuses sont semblables à celles du bambou, elles sont ou brunâtres et creuses d’un diamètre de 1 à 2 centimètres semblables à des pousses de bambou, d'où les appellations de bambou japonais ou de bambou mexicain qu'on lui attribue parfois. À la fin de la saison (août- début septembre), elle produit des panicules de fleurs blanc crème.



    Dispersion, moyen de propagation et impacts

    On la retrouve aujourd’hui le long des axes routiers, des voies ferrées, dans les terrains vagues les terrains industriels, mais surtout le long des canaux et des rivières. De là, elle colonise progressivement les forêts, les talus, les marais mais aussi les champs cultivés. La renouée se dissémine essentiellement à partir de fragments de racines mais il suffit parfois d’un fragment de tige pour qu’une bouture apparaisse.

    Sa capacité à s'établir sur des sols pauvres et ombragés lui a permis de coloniser les berges des cours d'eau érodées par les crues ou encore les bords des routes et les remblais non entretenus. Une fois établie cette plante empêche toutes les autres de pousser et appauvrit ainsi la diversité biologique de l'habitat.

    La renouée est un véritable problème : avec des racines pouvant descendre à plus de trois mètres sous la surface, elle réussit à coloniser des linéaires de berges et n’a aucun concurrent naturel.

    Un autre problème réside dans l'accès au cours d'eau, rendu infranchissable par un mur vert. Les tiges sont si serrées que rien d'autre ne peut pousser. Elle peut aussi percer les chaussées en bitume, s'implanter dans les anfractuosités du béton, augmenter les risques d'inondation (en raison des tiges mortes flottant sur l'eau l'hiver et au printemps), causer l'érosion des sols à la mauvaise saison (étant donné que cette plante passe l'hiver en dormance) et affecter sérieusement la valeur des terres sous son emprise.

    Aucune technique connue ne donne de résultats concluants ou alors reviennent à des moyens physiques et économiques trop lourds. L’élimination totale de cette plante envahissante exotique est donc aujourd’hui illusoire. Il est préférable de composer avec sa présence et de prendre des mesures préventives pour éviter sa propagation en aval des cours d’eau et sur les terrains à proximité de ceux-ci. La principale méthode consiste en la restauration de ripisylves naturelles riches en biodiversité sur toutes les berges de cours d’eau où l’homme a eu un impact. Mais cela ne suffit pas : certains gestes sont à proscrire pour davantage éviter la propagation de la renouée.

    Moyen de prévention

    Les moyens de prévention pour éviter de disperser ses plantes sont :

    Éviter de dégrader les habitats naturels, car l’envahissement du roseau commun, comme de la majorité des plantes exotiques envahissantes se fait d’abord dans les zones perturbées comme les bords des routes et s’étend ensuite aux milieux naturels. Éviter de fragmenter la plante (surtout les rhizomes), car ils peuvent continuer de croître, ce qui favorise l’envahissement.

    Ne transplanter et ne transporter pas la plante. Les risques d’envahissement de nouveaux territoires seraient alors directement augmentés.

    Si l’on découvre de nouveaux pieds de renouée dans son jardin, de salicaire ou tout autre espèce envahissante, creuser, et essayer d’enlever tout le rhizome. Tout déchet doit être surveillé jusqu’à dessèchement (container spécial ou sac) et non dispersé dans la nature, les fauches ne peuvent être à elles seules une solution, et le curage des berges doit être évité.

    Les engins bordant des terrains envahis ne doivent pas garder piégés des fragments de plante ; il est, depuis plusieurs années, demandé aux entreprises de nettoyer les roues des engins après travaux pour éviter de propager une plante sur leur chemin.

    Tous travaux sur des berges doivent être suivis d’une replantation de végétation locale pour éviter les zones d’ensoleillement.

    Il existe d’autres espèces tout aussi problématiques telles que le butome à Ombelle, la berce du Caucase, le nerprun cathartique, le nerprun bourdaine, l’hydrocharide grenouillette ...