Moulin Jean-Paul Beausoleil

O.B.V.Z.B.

La problématique des lacs au Québec




L’eutrophisation des lacs

L’eutrophisation est un processus de transformation, de vieillissement des lacs se caractérisant par une augmentation de la productivité d’un lac, c’est-à-dire notamment par un accroissement des plantes aquatiques et de algues.
Dans le sud du Québec, les lacs peuvent dater de la fin de la dernière période glaciaire, soit il y a environ 12 000 ans. Ces lacs peuvent donc être considérés comme étant au début de leur cycle d’évolution.
De façon naturelle, un lac va être comblé graduellement par les apports de sédiments provenant des tributaires et par le dépôt de matières organiques. Ce phénomène qu’on nomme eutrophisation se produit toutefois sur des milliers d’années, voire des centaines de milliers d’années.

Pour bien comprendre…

Dans un plan d’eau en santé et jeune, les éléments nutritifs sont présents à de faibles concentrations et assurent une croissance normale des plantes aquatiques et des algues microscopiques (phytoplancton). Lorsque le phosphore devient trop abondant, il cause une croissance excessive des végétaux aquatiques.
Cet envahissement par les plantes aquatiques et les algues a pour effet de détériorer la qualité des eaux, affectant ainsi la qualité esthétique, le goût et l’odeur de l’eau et modifiant la composition de la faune aquatique présente, dont celle des espèces de poissons d’intérêt sportif. En mourant, ces végétaux aquatiques s’accumulent au fond du lac, favorisant son envasement.
Le niveau d’oxygène dans l’eau diminuera progressivement puisque cet élément est utilisé dans le processus de décomposition des plantes par certains types de bactéries ; c’est ce que l’on appelle l’anoxie des eaux profondes.
La santé et la pérennité du plan d’eau ainsi que les différents usages humains sont donc grandement affectés par l’eutrophisation.



Niveau trophique
On peut classer les lacs en trois grandes catégories trophiques, selon leur stade d’eutrophisation :

1- Oligotrophe (peu nourri)
Lacs pauvres en matières nutritives et contenant plusieurs espèces d’organismes aquatiques, chacune d’elles étant représentée en nombre relativement faible. L’eau se caractérise par une grande transparence, une importante teneur en oxygène et peu de matières organiques.

2- Mésotrophe
Lacs qui se situent entre les lacs oligotrophes et les lacs eutrophes. Par rapport aux lacs oligotrophes, on y note une augmentation de la quantité de matières organiques et des organismes aquatiques (végétaux, animaux, bactéries).

3- Eutrophe (bien nourri)
Lacs riches en matières nutritives. Ces lacs sont relativement peu profonds, recouverts d’une large ceinture de végétation aquatique et on y note la présence d’espèces de poissons peu exigeants en oxygène. Le fond est couvert de sédiments riches en matières organiques.



Cette succession d’étapes s’enchaîne habituellement sur une échelle de temps relativement longue. Ce phénomène que l’on nomme eutrophisation peut également s’accélérer significativement dans le temps par les activités humaines sur les rives et dans le bassin versant des lacs en augmentant les apports de sédiments (particules de sols et de nutriments. Ces activités ont pour effet d’augmenter les apports en matières nutritives au lac. Le vieillissement prématuré est un des principaux problèmes affectant les lacs de villégiature et les lacs situés en milieu agricole ou urbanisé.



Les lacs eutrophes sont généralement peu profonds et envasés ; ils présentent une eau chaude, trouble, peu transparente et sont souvent caractérisés par une forte abondance de plantes aquatiques.
Les lacs mésotrophes sont le niveau trophique intermédiaire, c’est-à-dire que les paramètres de transparence, d’oxygène dissous, de profondeur et de teneur en nutriments se situent entre ceux des lacs oligotrophes et eutrophes.


Les apports en matières nutritives, comme le phosphore et l’ azote, provenant entre autres d’installations septiques mal entretenues ou d’usages excessifs de fertilisants, sont responsables de l’eutrophisation accélérée du lac. D’autre part, les apports en sédiments, provenant essentiellement de l’érosion des sols du bassin versant, envasent le fond et contribuent également à l’eutrophisation accélérée du plan d’eau.

Les principales sources de nutriments sont les :

  • Engrais domestiques (pour pelouses, plates-bandes, etc.) ;
  • Engrais agricoles (engrais chimiques, lisiers, etc.) ;
  • Eaux usées (domestiques, municipales) ;
  • Détergents, lessives et savons ;
  • Coupes forestières abusives (sols mis à nu) ;
  • Érosion des rives ;
  • Rejets de sites d’enfouissement ;
  • Rejets industriels.


  • Comment prévenir l’eutrophisation des lacs ?

    L’eutrophisation accélérée pose un problème non seulement aux écosystèmes, mais aussi aux êtres humains (pertes d’usages, problèmes de santé en raison de la dégradation de la qualité de l’eau, diminution de la valeur marchande des propriétés, etc.). En ce sens, prévenir l’eutrophisation devrait être au centre des préoccupations des riverains, des municipalités et de l’ensemble des acteurs interpellés par la santé des lacs.
    Mettez votre lac au « régime » en limitant ses apports en azote et en phosphore. Voici quelques bonnes pratiques à adopter pour prévenir l’eutrophisation accélérée d’un lac :

  • Conservez le bouclier végétal naturel de votre rive, ne déboisez pas votre terrain, n’installez pas de plage artificielle.
  • Assurez-vous d’avoir une installation septique conforme et bien entretenue.
  • Privilégiez les produits domestiques sans phosphate.
  • Évitez d’utiliser des engrais (même biologiques).
  • Ne modifiez pas l’écoulement naturel des cours d’eau ni le niveau des lacs.
  • Naviguez-santé ! Certaines pratiques nautiques favorisent l’apport d’éléments nutritifs en augmentant l’érosion des rives.
  • Sensibilisez votre municipalité, vos amis, vos voisins… l’environnement c’est l’affaire de tous !


  • Note à vous-même

    Bien qu’il soit souvent perçu comme une nuisance et ses activités comme une source de phosphore, le castor joue un rôle important dans notre écosystème en aménageant un habitat de terres humides pour divers animaux, oiseaux et insectes. En fait, les étangs de castors sont un excellent endroit pour observer la faune, donc des écosystèmes très riches en termes de biodiversité…

    Le ROBVQ a réalisé une fiche récapitulative sur le phosphore, son rôle, la façon de contrôler ses apports etc. Vous pouver consulter cette fiche ici.